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Spectacle de l’abolition de l’esclavage : Zot mantalite ress touzour captivite

2 février 2011

 

Les auteurs du spectacle commémorant le 176ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage ont été bien mal inspirés et se sont trompés maladroitement.

En regardant un bout du spectacle culturelle diffusé en direct du Morne sur la MBC 1 ce 1er février j’ai été aussi outré que le Ministre Duval et j’ai vite zappé pour ne pas pourrir ma journée. Voila ce que j’ai vu une succession de tableau joués par des danseurs avec une plutôt belle chorégraphie. Le premier tableau représenté l’esclavage, celle qui a été pratiqué à Maurice au 18ème et début du 19ème siècle dans notre île. Le tableau suivant montre un groupe d’homme qui tombe dans l’alcool et la drogue et qui en deviennent esclaves. La troisième scène présentée des femmes esclaves de la prostitution.

Cette succession de tableaux peut être vu et expliquer de divers manières certes ! Mais dans le contexte mauricien ils relient directement la communauté créole – les descendants d’esclaves – libérée de l’esclavage aux fléaux sociaux tels que la drogue, l’alcool et la prostitution. Certains disent qu’il ne sagit là que de réalité. Oui il est vrai, qu’une majorité des plus défavorisés de notre société sont des créoles embourbés dans la pauvreté et les fléaux sociaux depuis l’abolition de l’esclavage. Mais peut-on ranger toute une communauté dans ce casier, ce stéréotype ? N’y a-t-il pas des créoles qui s’en sortent qui grimpe dans l’échelle sociale malgré tous les bâtons mis dans leurs roues ? Pour quoi ne pas mettre en valeur ceux qui s’en sortent ?

Stéphan Bongarçon, chorégraphe de ce spectacle a déclaré à lexpress.mu : «Ces fléaux existent. L’Abolition de l’esclavage ne concerne pas seulement les créoles, mais tout le monde. Cette chorégraphie veut montrer l’esclavage moderne. Je ne trouve rien de choquant ». Oui l’abolition de l’esclavage concerne tout le monde mais les créoles sont des descendants d’esclaves c’est un fait, donc les acteurs de ce spectacle jouaient le rôle des ancêtres des créoles et en voyageant dans le temps les acteurs représentent dans les autres tableaux les créoles. Ce n’est peut-être pas ce que le Père Sullivan et M. Bongarçon voulait projeter mais c’est là la perception du spectateur que j’ai été. Ils se justifient en disant qu’ils ont voulus démontrer l’esclavage moderne, je me permets de leur demander de quel droit s’autorise-t-il d’associer l’abolition de l’esclavage qui est un fait historique à des faits de sociétés d’aujourd’hui. Dans cette logique quand La France commémorera l’Armistice ils feront un spectacle mettant en scène la guerre en Afganisthan !

Ce spectacle me semble être le fruit d’une trop grande réflexion intellectuel qui a donné la création d’un spectacle qui joue sur des associations malheureuses et dangereuses. Ces associations cultivent des cercles vicieux et des stéréotypes, ceux là même qui donnent raison à Kaya quand il chante « to mantalite ress touzour captivite. »

 

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7 commentaires leave one →
  1. 2 février 2011 01:31

    Je ne pense pas, alors la pas du tout, que c’etait l’intention des choreographes d’associer la communaute creole a ces fleaux. Storm in a teacup!

    • Ludovic permalink*
      2 février 2011 01:37

      Oui moi aussi je ne crois pas que c’était l’intention des choregraphes mais je parle de la perception du spectateur. Un spectacle alliant, musique et danse à des mots écrits sur du tissues restent abstraits et donnent le champ libre à toute sorte d’interprétation. At the end of the day c’est la perception qui compte!

  2. 2 février 2011 01:33

    Du pur clientelisme en cherchant a fouetter une fibre sensible de la communaute. Doit-on vraiment s’etonner de la part d’un parti qui peine a s’affirmer autrement au sein du gouvernement?

    En gros, du pur « non-event »

    • Ludovic permalink*
      2 février 2011 01:41

      Oui c’est possible qu’il y ait une part de clientelisme dans la réaction de XLD, pratique commune dans la politique à Maurice. Mais moi j’ai été personellement choqué du spectacle que j’ai vu en direct sur la MBC1 sans même savoir que XLD ou qui que se soit d’autres en avait été outré. J’avais donc mis sur facebook « Il faut voir le spectacle diffusé live sur MBC1 pour la commémoration, on associe: esclavage, drogue, alcool et prostitution. Très triste de voir des gens s’enfermer dans des stéréotypes et ignorer la réussite des autres à la sueurs de leur front! »

  3. PKK permalink
    2 février 2011 08:39

    Avant de rentrer dans le vif du sujet j’aimerais savoir pourquoi le « to » devient « zot » quand tu cite Kaya…pour ma part le juste mot serait « nou »…

    « nou » parce que nous étions avant tout hier préoccupé par nos petites affaires plutôt que par ce drame humain qu’est l’esclavage…

    Cette commémoration reflète a mon sens un malaise qui perdure….

    Nous avons tous eu des ancêtres esclaves mais c’est beaucoup plus une fête pour nos amis les créoles « mazambiques ». Ceux la même qu’on trouve très peu dans les hautes sphères du pays, dans les postes a responsabilités…ceux la même qui quand ils réussissent se sentent plus fils spirituel d’un blanc que d’un noir…

    Quel noir me dirait vous?

    Car c’est la ou le bat blesse, l’être qui découvre un jour que la couleur de sa peau et la texture de ses cheveux seront plus un handicap qu’un atout n’a pas d’autre choix que de s’identifier a un blanc….En outre, chaque fois qu’il rencontre le signifiant « negro » les signifiés sont négatifs….

    C’est le trou noir!

    Une tribune d’Alain Jeannot est consacrée a cette couleur que nous n’aimons pas…et que p-être nous n’aimerons peut être jamais….. la peur du noir, cette angoisse infantile n’est elle pas un réflexe?

    Hier nous avons célébré l’abolition de la traite des noirs, de la fin d’un commerce qui a jadis existe entre l’Afrique et l’Europe,

    Cette déportation a laisse sans histoire, sans culture, sans langue et sans Dieu des millions d’âmes venus d’Afrique qui en plus, avaient eu le malheur de naitre noir!

    • Ludovic permalink*
      2 février 2011 10:05

      Le « to » devient « zot » parce qu’il me semble que certaines personnes en particulier veulent conserver cette « mantalite captivite » et je ne dirais pas « nou » parce que je pense que le 1er février il nous suffit de se souvenir de ce drame, d’y réfléchir un peu plutot que de participer à une cérémonie au pied du Morne qui n’est qu’une mascarade politique.

      Oui il y a peu de créoles dans les hautes sphères. Mais moi j’en connais qui ont réussit brillament et il n’y a pas lieu d’attendre ce qu’on appel haute sphère (un millieu bien souvent corrompu) pour réussir. Il y a des centaines de créoles dont les parents ne savent ni lire ni écrire et qui sont enseignant aujourd’hui. Il y en a autant dont les parents sont ouvriers et qui eux sont allés à l’université à Maurice où ailleurs. Tant que ceux-là ne seront pas mis en valeur par les média où à l’occasion de célébration et que l’on continuera avec les stéréotypes associants créoles aux fléaux sociaux, le noir continuera à être mal vu et discriminé et lui même manquera de confiance en lui se disant « ca ne sert à rien que je fasse des études je ne suis pas fait pour cela. »

  4. Dominique Virassamy-Macé permalink
    7 décembre 2012 14:57

    Au chaos succèdent les jours paisibles, corollaires du désordre dont nous sommes les seuls maîtres. Nous sommes les seuls maîtres du désordre social. L’alcool n’est que le moyen de celui-ci. Nous sommes seuls responsables des maux de notre société, l’alcool n’en ait que l’instrument depuis 1848. L’abolition fut négociée avec les planteurs, mais imposée aux esclaves qui n’ont jamais vraiment su ce que ce concept voulait dire dans une société coloniale. Il est important de considérer ce fait comme une faille qui s’est agrandi au fil des ans jusqu’à aujourd’hui, en raison de la force éthérée et pernicieuse de l’alcool instrumentalisé.
    L’esclavage et la guerre sont mis en scène au théâtre et au cinéma ! le thème est bien la dominiation par la force mentale ou physique…
    Les dates historiques correspondent à des évenement fâcheux qu ‘ils est bon de rappeler pour faire progresser l’homme vers de meilleurs postures.

    Dominique Virassamy-Macé

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